Monde – Alerte sur la sécurité alimentaire

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« Notre utilisation des terres […] n’est pas soutenable et contribue au changement climatique » alerte le GIEC dans son rapport du 8 août 2019. Selon ce dernier, un réchauffement autour de 1,5°C représente de hauts risques sur la sécurité alimentaire, et de très hauts risques si l’on atteint les 2°C, frappant en première ligne femmes, enfants, personnes âgées et populations pauvres.
Rappelant que nous serons bientôt 11 milliards de terriens, qu’il faudra continuer à nourrir malgré le réchauffement climatique, le GIEC prévient que, sans actions rapides, il faut s’attendre à l’effondrement de certains habitats et/ou à une érosion des sols jusqu’à leur disparition, avec pour conséquences des migrations forcées, des guerres et plus de pauvreté.

Les faits
Les hommes utilisent 70% des terres émergées non glaciaires, dont un quart est dégradé par leur activité. L’expansion des techniques agricoles a certes permis de nourrir une population croissante, mais à quel prix ! Aujourd’hui, l’agriculture, l’élevage et la sylviculture représentent 23% des émissions humaines de gaz à effet de serre, 37% si l’on ajoute l’industrie alimentaire. Se basant sur 7000 publications scientifiques, les experts internationaux dénoncent de nombreux autres symptômes comme la désertification, l’épuisement des terres, la destruction des forêts, la perte d’écosystèmes ou encore la baisse de la biodiversité. Pour parachever le tableau de cette course au rendement, un tiers de la production mondiale finit à la poubelle…

Les réactions ?
Au-delà des constats, le GIEC évoque plusieurs orientations pour limiter l’impact du système alimentaire sur l’environnement. Tout d’abord en repensant l’utilisation des terres. Les arbres seraient des acteurs majeurs via des actions de reforestation – les forêts retenant les gaz à effet de serre – ou l’agroforesterie, une exploitation des terres agricoles associant cultures et élevage aux arbres, qui captent l’humidité et réduisent les besoins en irrigation. D’autres pistes sont évoquées comme la bioénergie et l’agriculture urbaine, le rapport soulignant par ailleurs l’importance du partage des technologies avec les pays les moins avancés.
Invitant à réduire le gaspillage alimentaire, les experts du GIEC préconisent également un changement des habitudes et des modes de consommation, avec des régimes reposant moins sur la viande mais plus « sur des aliments à base de plantes, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits à coque et les graines et des aliments d’origine animale produits dans des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre ».

Pour en savoir plus :
Un résumé du rapport, destiné aux décideurs politiques– GIEC le 8 août 2019
Changement climatique : ce qu’il faut retenir du rapport du GIEC– Le Parisien le 8 août 2019
Le réchauffement climatique met en danger la sécurité alimentaire mondiale– L’Echo le 8 août 2019

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