Fermer

MANGROVES Madagascar

Comprendre et suivre les mangroves est une priorité constante : organiser la gestion de leurs ressources naturelles, caractériser les liens entre changements globaux et état des milieux, assurer leur préservation. Exploitant les données Copernicus et THRS, le projet s’adresse aux acteurs institutionnels de ces milieux littoraux de grandes valeurs économique, patrimoniale et environnementale.

Présentation

mangroves

A l’échelle de la planète les forêts de mangroves occupent entre 150 et 200 000 km2. Ecotones ouverts extrêmement riches et dynamiques, ils sont présents dans près des trois-quarts des espaces littoraux intertropicaux.

Ils y assurent des fonctions écologiques et environnementales uniques : mitigation d’impacts en cas d’évènements cataclysmiques (ouragans, typhons, cyclones, tsunamis) ; protection/atténuation de l’érosion côtière (houles et courants) ; biodiversité foisonnante (poissons, crustacés, avifaune, insectes) ; environnements de reproduction, de développement des larves et de croissance des juvéniles ; « filtre » biologique des eaux assuré par les très nombreux micro-organismes ; stockage de carbone par les palétuviers et séquestration dans les sols…

Les mangroves constituent de fait un patrimoine naturel de premier ordre, dont la préservation est un enjeu essentiel pour les populations qui se concentrent toujours plus nombreuses sur les côtes, tirant parti de nombreux services écosystémiques.

Aujourd’hui, les territoires ultramarins français abritent un peu moins de 100 000 hectares de mangroves soit près de 1 000 km2 (source : Conservatoire du Littoral), répartis principalement entre la Guyane (plus de la moitié des mangroves françaises), le Pacifique (Nouvelle Calédonie), les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy), dans l’Océan Indien (Mayotte, Îles Eparses) et en faibles proportions à Wallis et Futuna et en Polynésie française. Une étude récente (J.E. ONG & W.K. GONG, 2013) estime qu’environ 25 % des mangroves auront été détruites à l’horizon 2025.

Pour parvenir à enrayer cette dynamique, les outils du spatial présentent des atouts considérables : mesures répétées dans ces environnements difficiles d’accès, multitude de capteurs disponibles, méthodes de traitement de l’information éprouvées. La France dispose d’un historique d’excellence dans le domaine, et de communautés expertes agrégées en Pôles de compétence au sein de l’Infrastructure de Recherche (IR) nationale Data Terra.

La finalité de la présente proposition de projet est de mobiliser ce capital pour d’avantage contribuer à caractériser le fonctionnement de ces milieux, soutenir leur gestion et contribuer à optimiser leur préservation et leur valorisation.

L’objectif est la mise en service d’outils opérationnels de production et de dissémination d’informations environnementales qualifiées, mis au point par les scientifiques dans le cadre d’études et de travaux dans le domaine (compréhension de dynamiques côtières et des dynamiques des écosystèmes de mangroves, suivi d’impacts / changements globaux) et utilisés par les acteurs nationaux et locaux de l’aménagement et de la préservation des territoires pour alimenter tableaux de bord, plans de gestion, zonages écologiques.

La plupart des données satellitaires des familles des satellites optiques et radar de haute à très haute résolution (décamétrique à sub-métrique) nécessaires à la fabrication de ces produits sont diffusées ou rendues disponibles par les dispositifs actuels (Pôles, DINAMIS de l’IR Data Terra). Des travaux méthodologiques de référence (Guide méthodologique IFRECOR, 2015) ont été publiés pour orienter la construction de produits dédiés au suivi des mangroves : distribution spatiale, état de maturité et de croissance, activité chlorophyllienne, hauteur de la végétation, densité de la canopée.

Pour élaborer des indicateurs connexes, l’usage ou la collecte d’informations complémentaires, ou l’application d’autres familles de traitements de données satellitaires sont nécessaires : espèces, biomasse, nature des sédiments et des substrats, dynamiques spatio-temporelles de la végétation ou de processus hydro-sédimentaires, système de détection voire d’alerte de coupes ou de dégradations forestières, prélèvements de ressources spécifiques, et de suivi de ressources ou d’usages à forte valeur sociale (replantation forestière)...

Dans ce cadre, l’effort de mise en place d’une Plateforme de suivi opérationnel des mangroves par télédétection présente un intérêt fort. Pour y parvenir, quatre types d’activités doivent être considérés :

  1. Mobilisation des acteurs, appropriation et co-construction du projet et co-spécification / design de livrables ;
  2. Agrégation, compilation, reprise/adaptation d’outils et de ressources logicielles existantes ;
  3. Développements méthodologiques et thématiques complémentaires à produire et à qualifier ;
  4. Construction et mise en ligne d’un outil opérationnel de production et de diffusion de géo-informations et de services.

Une telle plateforme jouerait un rôle de premier plan pour envisager une approche fédératrice et normative du suivi des mangroves. Elle garantirait l’uniformité ou l’interopérabilité de produits standardisés dans l’ensemble des territoires à considérer, permettant la mise en place de protocoles harmonisés dans les territoires français.

Après une phase d’analyse de l’état de l’art dans le domaine, de conception des attendus spécifiques, de prototypage et de qualification, l’outil devra être intégré au sein du parc d’infrastructures mutualisées de l’IR Data Terra.

La plateforme assurera 5 fonctions principales :

  1. Généraliser ou standardiser les méthodes et les outils de suivi des mangroves ;
  2. Produire en toile de fond et/ou à la demande des informations géo-environnementales fiables et standardisées (validées/qualifiées) caractérisant les écosystèmes de mangroves ;
  3. Proposer sous forme de produits ou services mobilisables ad-hoc des indicateurs ou alertes de perturbations affectant les écosystèmes et leur environnement (déboisements, envasements, autres perturbations à définir).
  4. Disséminer ces informations auprès de différents publics via une plateforme grand public avec accès spécifiques aux acteurs institutionnels, gestionnaires des ministères ou locaux, établissements publics;
  5. Agréger et animer les communautés des utilisateurs (retours d’expériences et évolutions de l’offre).

Territoire(s) d’expérimentation

  • Guyane
  • Martinique
  • Guadeloupe
  • Mayotte, Îles éparses
  • Polynésie française
  • Nouvelle Calédonie
  • Par extension tout territoire abritant des mangroves.
  • Madagascar

Résultats – Produit(s) final (aux)

  • Portail utilisateur contenant informations, communications, partages de ressources documentaires relatives à l’observation spatiale des mangroves.

  • Premiers produits pour les utilisateurs : distribution spatiale de différents types de mangroves, à différents pas de temps (semestre / année) selon leurs dynamiques écosystémiques ; évolution des mangroves (suivi temporel), changement d’états des massifs, cartes de synthèses ; indicateurs de pression naturelles ou anthropiques, suivi de ressources d’intérêt particulier ; production récurrente et téléchargement d’informations, services de traitement à la demande.

  • Plateforme de services pour le suivi opérationnel des mangroves.

  • Documents de référence, guides et manuels.

  • Animation de la communauté d’utilisateurs.

     

Projet(s) lié(s)

MANGROVES Antilles

MANGROVES Guyane

Données

Satellite

Sentinel 2, Sentinel 1, Spot 6-7, Pléiades. Des jeux de données de référence (cartographies officielles des mangroves) seront mobilisés et travaillés pour entraîner des modèles de classification d’imageries.

D’autres types de traitements et des données complémentaires pourront être nécessaires à la construction d’indicateurs spécifiques destinés à informer sur les dynamiques et l’état de ressources naturelles particulières.

Ces jeux de données seront soit collectés, soit mobilisés. Le projet devra rechercher et proposer des modalités de pérennisation des collectes de données complémentaires le cas échéant.

Les infrastructures mobilisées seront celles de l’IR DATA Terra et celles du Laboratoire porteur.

Autres

Données récoltées in situ décrivant soit l’état des milieux, soit les pratiques de prélèvement de ressources naturelles d’intérêt.

Portail utilisateur contenant informations, communications, partages de ressources documentaires relatives à l’observation spatiale des mangroves.

Contact

En cochant cette case, je reconnais avoir pris connaissance et accepte les Mentions légales.