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Tête à tête avec le CNRS

Publié le 20/10/2020
Qui dit changement climatique fait référence en premier lieu au système Terre, dont le CNRS couvre toutes les thématiques. Déjà utilisateur de la donnée spatiale croisée avec des données terrain, le CNRS compte aux tout premiers acteurs du SCO France, structuré 5 mois à peine après le lancement officiel de l’initiative SCO internationale. Entretien avec Nicolas Arnaud, Directeur de l’Institut National des Sciences de l’Univers (CNRS-INSU), qui partage sa vision et sa motivation à donner corps au SCO.

Pourquoi le CNRS a-t-il immédiatement adhéré au SCO France ?

Nicolas Arnaud : Précisons d’abord que c’est bien le CNRS dans sa globalité qui adhère au SCO France. Pour nous, l’un des éléments principaux est le positionnement du SCO en aval des recherches fondamentales, de la production de données et des connaissances sur le système Terre. Or, dans les circuits de recherche et de formation actuels, il n’existe que peu de dispositifs capables de transformer la recherche et ses enjeux en matière d’adaptation au changement climatique, dont la connaissance des impacts, leur modélisation et l’identification de solutions pour s’en prémunir.

© CNRS

Nicolas Arnaud © CNRS

Quelle est votre vision du SCO France ?

N.A. : Le SCO France est une organisation « légère » qui se fixe pour objectif premier la mise en relation et la réunion des porteurs d’enjeux autour de la science et de solutions susceptibles d’adapter nos sociétés aux impacts du changement climatique. S’il se nourrit au premier chef de l’utilisation de la donnée spatiale pour réfléchir à ces impacts, l’adhésion des autres partenaires permet d’élargir la base du SCO à l’ensemble des données nécessaires, spatiales mais aussi in situ. C’est donc un collectif qui travaille à transformer l’ensemble des données et des savoirs avec des porteurs d’enjeux qui ne sont pas forcément scientifiques.

En quoi les données satellites vont-elles compléter ce que les équipes de votre institution font déjà en matière de climat ?

N.A. : Il est impossible de couvrir la planète de capteurs mètre après mètre. En revanche, la donnée satellite permet d’obtenir une spatialisation indispensable à la compréhension du système Terre. Cela fait déjà longtemps  que nous travaillons avec le CNES au travers d’une convention cadre pour mettre en place des moyens d’observation de la Terre communs et favoriser un usage intensif de la donnée spatiale, notamment à travers l’infrastructure Data Terra qui réunit des pôles de services à la donnée - in situ et satellite - généralement utilisés par les acteurs de la recherche. Aujourd’hui, le SCO offre l’usage des données satellitaires en lien avec les données in situ et fait venir à la donnée spatiale des porteurs d’enjeux qui n’ont pas l’habitude de l’utiliser mais qui sont impliquées dans les problématiques du changement climatique, comme les collectivités territoriales.

 

Comment communiquez-vous sur le SCO ?

N.A. : Nous réalisons une communication régulière et systématique sur le SCO auprès des directeurs d’unités et d’infrastructures dans lesquelles le CNRS est présent. Au-delà, nous donnons à connaître le SCO au travers de différents conseils d’outils d’usage de la donnée. À l’occasion de visites dans les laboratoires, nous encourageons nos communautés scientifiques à se rapprocher du SCO pour y expliquer leurs idées et voir dans quelle mesure leurs projets peuvent être labellisés et incubés au sein du SCO.

Quel futur voyez-vous pour le SCO ?

N.A. : Au niveau national, je pense que le SCO doit garder ce rôle de réseau très ouvert, très libre et pluri-thématique, dont on voit bien le positionnement aval par rapport à la recherche. Le SCO France offre un lien exemplaire entre scientifiques, entreprises, collectivités et pouvoirs publics pour penser des solutions durables, y compris à l’international. De fait, au niveau mondial, ce rôle peut être décuplé, toujours en généralisant l’utilisation de données spatiales en lien avec les données sol, pour comprendre notre environnement et répondre à des enjeux à l’échelle planétaire, mais aussi pour permettre aux pays les plus vulnérables de disposer d’outils performants aptes à les prémunir des impacts du changement climatique.

Le Centre national de la recherche scientifique est une institution de recherche parmi les plus importantes au monde, avec pour mission de faire progresser la connaissance et être utile à la société. Pour relever les grands défis présents et à venir, ses scientifiques explorent le vivant, la matière, l’Univers et le fonctionnement des sociétés humaines. Internationalement reconnu pour l’excellence de ses travaux scientifiques, le CNRS est une référence aussi bien dans l’univers de la recherche et développement qu’auprès du grand public.

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