Avec Carbon-Atlas, les satellites deviennent les gardiens invisibles du carbone forestier
| Proposant un véritable service opérationnel, CarbonAtlas-THA illustre le rôle croissant des technologies spatiales dans les politiques climatiques. Au-delà des cartes, c'est une nouvelle manière de suivre les forêts, d'éclairer les décisions publiques et d'accompagner la transition vers une économie bas carbone. | 🚨 CarbonAtlas sera présenté le 16 novembre 2026 à la première session du SCO World Virtual congress. |
Comment prouver qu'une forêt stocke vraiment du carbone ?
Les arbres absorbent naturellement une partie du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère, faisant des forêts de précieux alliés face au réchauffement climatique. Pourtant, mesurer le carbone qu'elles stockent reste un véritable défi. Les inventaires traditionnels reposent sur des campagnes de terrain longues et coûteuses, difficiles à répéter régulièrement sur des millions d'hectares.
Or disposer de données fiables est devenu indispensable : pour suivre les engagements climatiques nationaux, pour mieux protéger les écosystèmes, pour préparer les projets de crédits carbone et en démontrer l'impact réel.
C'est pour répondre à ces besoins qu'est né CarbonAtlas-THA, façonné par la demande opérationnelle des utilisateurs du secteur public et privé thaïlandais, notamment pour soutenir le programme national de réduction volontaire des émissions (T-VER) et la gestion forestière locale.
Plusieurs regards pour voir l’invisible carbone
À première vue, une image satellite montre simplement une étendue de verdure. Mais pour les initiés, elle révèle bien davantage. Les données satellitaires optiques permettent de détecter l’état de la végétation, la verdure de la canopée et le type de couverture terrestre. De leur côté, les satellites radar capturent la structure forestière, dont la densité de la végétation et la hauteur des arbres, ainsi que les signaux liés à l’humidité, même sous une couverture nuageuse, fréquente en zone tropicale. Enfin, les produits d’élévation décrivent le relief et la structure de la canopée.
CarbonAtlas-THA complète ces informations spatiales avec des inventaires de terrain et des relevés réalisés directement dans les forêts grâce à des balayages laser et drones 3D. Plus de 1000 parcelles ainsi passées au balayage laser fournissent les données de référence sur la biomasse de différents types de forêts.
Toutes ces données viennent enfin alimenter des modèles d'intelligence artificielle capables d'estimer la biomasse des arbres - on parle de biomasse aérienne - et la quantité de carbone qu'ils renferment.
Un véritable atlas du carbone
Les résultats sont regroupés dans CarbonAtlas, une plateforme publique et un tableau de bord mobile/web pour la Thaïlande. En accès libre, c’est une plateforme numérique dite MRV (mesure, rapport et vérification) du carbone. À partir d'une carte interactive, les utilisateurs peuvent consulter les stocks de carbone, visualiser l'évolution des espaces verts et télécharger des statistiques, de l’échelle parcellaire à l'ensemble du territoire thaïlandais en passant par les districts et sous-districts.
CarbonAtlas distingue les forêts naturelles, les plantations de teck, d’eucalyptus, d’hévéas, de palmiers à huile, d’arbres fruitiers et autres couvertures arborées, et identifie les classes de couverture terrestre pertinentes pour le carbone.
De premiers résultats significatifs
Pour 2024, CarbonAtlas estime que :
- les espaces verts couvrent près de 52 % du territoire thaïlandais,
- les espaces verts urbains couvrent 19,6% de la superficie urbaine,
- ce qui représente environ 5,51 milliards de tonnes équivalent CO₂ de stockage total de carbone.
Accéder à la plateforme CarbonAtlas
NB : Si de nombreuses fonctions sont en accès libre, pour une évaluation détaillée des crédits carbone, des services à l’échelle du terrain ou des rapports conformes à la norme T-VER, les utilisateurs doivent contacter le GISTDA par les voies officielles, par mail ou par téléphone (services commerciaux et d’assistance : 0 2141 4652 et 0 2141 4584).
Transformer les données en preuves et en décisions
L'innovation de CarbonAtlas-THA ne réside pas uniquement dans sa technologie : sa véritable force consiste à transformer des millions de données en informations directement exploitables :
| Un partenariat espace, terrain et politiques publiques Pour garantir la fiabilité des résultats, CarbonAtlas-THA bénéficie d’un consortium aux acteurs complémentaires, dont les principaux utilisateurs finaux.
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Une histoire qui ne fait que démarrer
👥 En Thaïlande, une collaboration et une demande supplémentaires émergent du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, des activités LESS/T-VER de réduction des émissions liées au TGO (Thailand Greenhouse Gas Management Organization), de la PTT (société pétrolière et gazière publique thaïlandaise) dans la vallée de Wangchan, des partenaires provinciaux et universitaires, ainsi que des promoteurs de projets privés dans les domaines du caoutchouc, des mangroves, des forêts naturelles et des plantations.
⚙️ Devant une telle demande et le potentiel avéré de l’outil, les équipes souhaitent renforcer, entre autres, les aspects suivants :
- Passer d’une cartographie périodique du carbone à des services MRV plus fréquents, accompagnés d’informations plus claires sur les incertitudes.
- Élargir le champ d’application à une comptabilité complète des cinq réservoirs (biomasse aérienne, biomasse souterraine, bois mort, litière et carbone organique du sol).
- Soutenir la mise en place de rapports conformes aux normes T-VER et l’étude de faisabilité des crédits carbone à l’échelle des projets.
- Développer des modules de prévision des crédits carbone et des stocks de carbone sur 1 à 3 ans.
- Déployer l’utilisation de la plateforme au sein des agences gouvernementales, des projets de restauration privés, des forêts communautaires et de la surveillance des espaces verts urbains.
- Proposer un accès en anglais à la plateforme et mettre en place des sites de démonstration tels que la vallée de Wangchan et les zones demandées par les partenaires.
La plus-value SCO
Comme l’exprime le GISTDA, « Le SCO offre une visibilité internationale, la reconnaissance par les pairs et une communauté d’applications climatiques pour CarbonAtlas-THA. Il contribue à positionner le Carbon Atlas thaïlandais comme un service climatique basé sur l’espace, relie la plateforme à d’autres projets du SCO et favorise la communication au-delà d’un public national. Cela est particulièrement important pour démontrer que la Thaïlande n’utilise pas seulement les données satellitaires, mais les transforme également en un service MRV opérationnel au service de l’action climatique. »


