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Cap sur FLAude

Publié le 23/02/2021
Au carrefour météorologique de trois régimes (océanique, méditerranéen et continental), l’Aude est particulièrement frappée par des évènements pluvieux extrêmes comme en 2018, où le département a reçu trois mois de pluie en quelques heures. En 2020, même si les évènements ont surgi dans les Pyrénées Orientales et en Ariège, l’eau a massivement ruisselé vers l’aval, dans l’Aude… C’est donc dans cette zone que le SCO France expérimente le projet FLAude, avec l’objectif de réduire la vulnérabilité face aux inondations. Les territoires étant au cœur de la démarche SCO, il convient avant tout de leur donner la parole pour identifier leurs besoins et les indicateurs qui leur seraient utiles. Incursion dans la réunion du consortium projet le 26 janvier 2021.

4 objectifs progressifs

FLAude vise à mieux comprendre les phénomènes hydrométéorologiques extrêmes et à élaborer des indicateurs de prévention et de réduction des risques. Une double information dérivée de l'imagerie spatiale combinée à d’autres données des territoires pour :

  • Améliorer la connaissance des évènements d’inondation dans l’Aude et en Occitanie (aux échelles locale et régionale), avec des outils reproductibles dans le temps et réplicables à d’autres territoires ;
  • Affiner les analyses climatiques sur les risques d’inondations ;
  • Évaluer les impacts d’inondations majeures et la résorption des dégâts au niveau local ;
  • Synthétiser les connaissances par la modélisation avec une approche multicritères afin de mieux comprendre et mieux appréhender ces phénomènes.
Crue Aude © Sentinel2/Copernicus

Vue satellite de vignobles inondés dans l’Aude en octobre 2018. ©Sentinel 2/Copernicus

Analyse du changement climatique en Occitanie

Selon les données Météo-France, la température moyenne annuelle (2011-2020) à Carcassonne est plus chaude de +1,5°C par rapport la période 1971-1980, soit une augmentation de +0,3°C par décennie depuis 1959. Parallèlement, la sévérité des évènements augmente clairement avec notamment une hausse de 20% de l’intensité des pluies extrêmes sur l’ensemble des régions méditerranéennes.

Ces relevés sont disponibles pour toute la France sur cette page de Météo-France.

Quels indicateurs seraient utiles au territoire ?

Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques et des Rivières :

  • La pluviométrie seule ne soutient pas suffisamment la prise de décision => besoin d’un ratio volume/temps et, si possible, d’une intensité horaire car les temps d’anticipation sont très courts.
  • Des sols gorgés d’eau n’ont plus de capacité de rétention => la saturation en eau des sols serait un indicateur fort de la vulnérabilité d’un évènement.

Chambre d’agriculture

  • Les principaux dégâts ont lieu à la montée des eaux => besoin d’une gestion anticipée des embâcles.
  • L’urgence est de mettre à l'abri le matériel agricole pour éviter plus de dégâts => besoin de connaître les zones hors d'eau.
  • Dans le domaine de l’agriculture, l’incitation peut être un levier plus fort que les outils réglementaires => intégrer une dimension didactique et pédagogique au projet.
Réunion 26/A/21 ©FLAude

À bonne distance, les échanges ont été bon train ! Les acteurs du territoire ont notamment exprimé leurs attentes pour que l’équipe projet puisse élaborer des indicateurs au plus près de leurs besoins. ©FLAude

Comment l’Observation de la Terre peut-elle répondre ?

L’observation de la Terre par satellite fournit la possibilité d'observer les territoires, l'impact des mesures d'aménagement, de comprendre comment et à quel rythme les choses évoluent sur le terrain. Numériquement combinée à d’autres sources de données dans des modèles scientifiques, il en résulte des indicateurs concrets. Voici ce que propose d’ores et déjà le consortium FLAude, illustré sur la commune de Villegailhenc.

Réseau hydro Villegailhenc ©FLAude

Réseau hydrologique de la commune de Villegailhenc ©FLAude

Les travaux présentés mettent en regard :

Les facteurs participant aux inondations qui, selon l’intensité horaire de la pluviométrie, sont susceptibles de devenir aggravants ou atténuants.

     => Et les indicateurs possibles par observation satellite

Facteurs aggravants

  • Érosion des sols, qui s’imperméabilisent notamment

          => Carte d’érosion des sols : nature et structure des sols, types de cultures, implantation des cultures, rotation des cultures.

  • Pente (accélération de l’eau)

          => L’information seule de la pente ne suffit pas à former un indicateur.

Facteurs atténuants

  • Éléments végétaux : haies (correctement plantées), ripisylves (végétation en bord de cours d’eau), bandes enherbées, talus

          => Localisation des haies et des talus avec leurs caractéristiques

          => Identification d’emplacements à privilégier pour de futures implantations

  • Couvert végétal permanent

          => Carte d’occupation des sols : type de cultures, secteurs privilégiant le couvert végétal, aménagement foncier à préconiser ou à éviter…

  • Cultures en terrasses, qui limitent la vitesse de ruissellement de l’eau et atténuent l’érosion des sols tout en augmentant leur capacité d’absorption

          => Indicateur intégré dans l’occupation des sols

  • Zones humides (zones tampons dans l’écoulement des eaux)

          => Identification des zones humides préservées

          => Télédétection de zones humides potentielles

  • Bassins de rétention

          => Cartographie des bassins de rétention (localisation, volume et liaison avec le réseau hydrographique)

Facteurs ambivalents

  • Réseau d’eaux pluviales (guidage des eaux en zones urbanisées)

          => Cartographie du réseau d’eaux pluviales (dimensionnement, lien entre le petit et le grand cycle de l’eau)

  • Embâcles : en aval, ils favorisent le risque de submersion et de dégâts mais en amont, ils participent au ralentissement et à l’étalement des eaux de crues, au bénéfice du développement de la faune piscicole

          => Télédétection des embâcles et qualification en fonction du positionnement dans le réseau hydrographique

Détection embacles1

Méthode :

Détection embacles2

© FLAude

  • Types de cultures 

          => Télédétection des cultures sur sols nus (vignes, arboriculture, ...)  qui, en accumulant la végétation charriée, participent à retenir l’eau

Détection vignes1

​​​​​​​Méthode :

Détection vignes2

© FLAude

Crue ©Getty Images