EDISON : avec GEMS, visualisez les GES à la source et adaptez vos politiques climatiques
Soumises à des obligations réglementaires, notamment les PCAET en France, les collectivités locales pilotent leurs politiques climatiques et de qualité de l’air avec une vision partielle : des inventaires d’émissions publiés avec un décalage de plusieurs années, des capteurs au sol souvent coûteux et concentrés dans les zones urbaines pour, finalement, des données qui décrivent surtout les conséquences — les concentrations de polluants — sans toujours permettre de remonter aux causes – les sources d’émission. Mais comment agir efficacement, quand on ne sait pas précisément où, quand et pourquoi on émet ? C’est à cette question très opérationnelle que répond le projet SCO EDISON avec sa plateforme GEMS (Global Emission Monitoring), développée et commercialisée par la société Waltr.
Voir les émissions là où elles naissent
Conformément à son ambition initiale, EDISON parvient à produire un inventaire amélioré, dynamique et opérationnel des émissions de gaz à effet de serre et de polluants de l’air, directement exploitable par les collectivités. Pour y parvenir, le projet combine plusieurs sources de données : observations satellitaires (Sentinel-5P et Sentinel-3), inventaires régionaux existants, modèle de chimie-transport CHIMERE, données d’activité et socio-économiques (trafic routier, population, secteurs d’activité).
Aujourd’hui, après 24 mois de travaux sous accompagnement SCO, EDISON ouvre la voie à l’action avec des données opérationnelles sur les NOx, CO₂, CO et PM2,5, restituées sous forme de cartographies via un portail numérique. Celui-ci permet d’identifier des hotspots, de suivre les émissions par secteurs d’activité, jour après jour et même heure par heure, de comparer des villes entre elles. Au-delà du diagnostic, EDISON génère des prédictions sur le NO2 et les PM2,5 qui permettent de scénariser des projections, comme un parc automobile qui évolue vers l’électrique, et en estimer les impacts sur les émissions.
Pour les collectivités, l’enjeu est crucial : grâce à EDISON, elles disposent d’un outil d’aide à la décisioncompatible avec les « temps politiques », capable de suivre l’impact des aménagements et des réglementations sans attendre plusieurs années. | Le service GEMS s’adresse aux villes et aux EPCI (regroupement de plusieurs communes), un échelon clé car intermédiaire entre l’ultra communal, qui n’a pas délégation à suivre la qualité de l’air, et le régional, qui peut mener des actions localement. [lire notre actu du 19/ juin 2024, « La Qualité de l’air est une question d’échelle »] |
Résultats : quatre territoires pour un bilan révélateur
Voici les résultats de chaque site, suivis d’une analyse comparative.
🇫🇷 Nice : stabilité des NOₓ, montée légère du CO₂
Métropole méditerranéenne de 340 000 habitants, Nice combine trafic routier soutenu et activité touristique saisonnière, avec un aéroport international mais un tissu industriel limité.
🇨🇮 Abidjan : croissance urbaine et émissions en forte hausse
Avec un développement urbain rapide, Abidjan abrite plus de 5 millions d’habitants, et constitue un point chaud régional majeur.
👉 Les cartes moyennes de NO₂ montrent que la ville en elle-même est une source importante d’émissions, alimentée par un trafic routier croissant, une industrialisation périurbaine et une activité portuaire intenses.
👉 Les séries temporelles révèlent une augmentation rapide des émissions : environ +20 t/j/an pour les NOₓ et +40 t/j/an pour le CO₂. Cette dynamique est cohérente avec l’augmentation documentée du trafic portuaire et du transport global.
👉 La saisonnalité observée – émissions plus élevées en début d’année et plus faibles en été – ne peut s’expliquer par le chauffage, absent sous climat tropical. Elle reflète probablement un effet combiné de météorologie tropicale, de saison des pluies, de lessivage atmosphérique et de variations de dispersion. Ce cas illustre la complexité de l’interprétation des « émissions apparentes », indissociables des conditions atmosphériques locales.
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▲ De gauche à droite : carte des émissions de NOx sur Abidjan de 2020 à 2025, séries temporelles de NOx et CO2. © WaltR | |
🇩🇪 Neukölln : la transition à l’échelle d’un quartier
À Berlin, le quartier de Neukölln, offre un changement d’échelle.
👉 Les émissions de NOₓ présentent une saisonnalité hivernale marquée, typique des villes d’Europe du Nord, liée au chauffage résidentiel au gaz et à une morphologie urbaine en « canyon » qui limite la dispersion. La moyenne atteint 31,5 tonnes par jour, mais la tendance est à la baisse avec environ –2 t/j depuis 2020.
👉 Le CO₂ suit la même trajectoire (–2 kt/j), cohérente avec celle de l’ensemble de Berlin, confirmant que les politiques de transition énergétique et de mobilité commencent à produire des effets mesurables.
🇬🇷 Kavala : l’impact disproportionné d’un pôle industriel
Kavala offre un contre-exemple frappant. Petite ville portuaire grecque d’environ 70 000 habitants, elle affiche pourtant des émissions supérieures à celles de Nice et Berlin.
Les mesures et cartographies d’EDISON révèlent des tendances communes, notamment une saisonnalité marquée, mais aussi des divergences profondes. En Europe, les émissions tendent à se stabiliser, voire à diminuer localement, sous l’effet des politiques climatiques. À Abidjan, elles augmentent rapidement, reflet d’une urbanisation accélérée. Kavala, malgré sa petite taille, illustre l’impact disproportionné d’un pôle industriel localisé, avec des émissions par habitant dépassant largement celles des villes européennes étudiées.
👉 Ces résultats très contrastés témoignent que les émissions urbaines relèvent majoritairement des choix énergétiques et des structures économiques locales. Ils confirment également l’intérêt d’une approche par observation satellitaire, permettant de comparer de manière homogène des contextes nationaux très contrastés.
Perspectives
Avec déjà d’autres villes intéressées, comme Angers et Düsseldorf, Waltr travaille d’ores et déjà à plusieurs améliorations, notamment en termes de scénarisation/prédiction, ou encore pour différencier la pollution créée localement de la pollution subie (venant de territoires voisins). Plusieurs sujets sont également en discussion avec Thales Alenia Space pour, par exemple, intégrer des données Sentinel-4. | Excellents retours utilisateurs Utilisateur pilote, la ville de Nice a été séduite par les données d’émission à jour et les tendances intra-annuelles révélées, qu’ils n’avaient pas auparavant. La ville vient de s’équiper de 70 capteurs pour créer son propre réseau de mesures, qui sera intégré au futur tableau de bord EDISON avec de nouvelles fonctionnalités comme les tendances interannuelles. |







