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FloodML au cœur du service français FloodCare

Publié le 02/09/2026
L’été caniculaire que subit la France en 2026 ne doit pas nous faire oublier que six mois plus tôt, nous avons vécu des inondations hors normes, des extrêmes appelés à devenir récurrents. De fait, les pluies reviendront bientôt, mais la France possède désormais FloodCare, l’innovant service de support à la gestion de crise inondations, alimenté pour partie grâce à l’algorithme SCO FloodML.

Leurs noms se ressemblent et ce n’est pas un hasard : mis en œuvre dans le cadre France 2030, FloodCare, l’innovant démonstrateur français de gestion de crise inondations, fonctionne pour partie grâce à FloodML, un algorithme de traitement d’images satellite, lui-même développé grâce au projet SCO FloodDam ! Activé pour les crues exceptionnelles de l’hiver 2026, FloodCare s’annonce comme un outil primordial pour l’avenir.

Le SCO booste des services pour les rendre opérationnels, mais il a aussi pour vocation de soutenir des projets pionniers, comme FloodDam, qui développent des traitements de données satellitaires capables de soutenir des services publics opérationnels.

Hiver 2026 : un contexte hydrologique hors norme…

Avec plus de 40 jours consécutifs de précipitations, l’hiver 2026 a battu un record pluviométrique jamais vu depuis que Météo-France collecte ces données en 1959. La faute à un contexte hydrologique hors norme, avec pour conséquences une durée exceptionnelle des phénomènes, des débordements simultanés sur un grand nombre de bassins, touchant des zones densément peuplées comme rurales.

… Pour se jeter dans le grand bain

Sur le terrain, les cellules de crise et de secours ont dû gérer les vigilances rouges simultanées sur quasiment la moitié ouest du pays. Devant la gravité des évènements, il a été décidé d’enclencher le nouveau service FloodCare, testé en conditions opérationnelles dans le cadre du programme France 2030 Service Gestion de Crises Inondations.

Service de support à la gestion de crise, FloodCare a pour ambition de fournir, en temps quasi-réel, des produits d’observation satellitaire destinés à évaluer l’étendue des inondations et soutenir la prise de décision opérationnelle : cartographie de l’extension des inondations, contours améliorés (dont hauteurs d’eau), cartographie de la traficabilité.


Pour cela, l’activation du service permet l’exploitation d’images satellites, notamment Sentinel-1 (radar) et Sentinel-2 (optique) sur la zone touchée, mais aussi, et c’est une caractéristique de FloodCare, déclenche la programmation d’images satellites privées haute résolution (Umbra, Pléiades, Pléiades Néo, Capella, RADARSAT, EUSI…). Puis, pour chaque nouvelle image reçue, FloodCare génère une carte d’inondation. Opéré en binôme par le SERTIT Strasbourg et par CLS, ce dernier utilisant pour sa part la chaine de traitement FloodML.

Au service de la Sécurité Civile
Assurant un suivi des crues grâce aux données satellitaires, la plateforme FloodCare est accessible à l’ensemble de la chaîne opérationnelle, du centre français de gestion de crise (COGIC) aux services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) et États-majors de zones concernées. Grâce aux cartes de contours d’inondation générées, ils peuvent identifier les zones inondées et les hauteurs d’eau, et ainsi cibler les zones d’intervention.

👉 + de 147 produits générés par SERTIT et CLS à partir de 34 images satellites sur 9 zones en février 2026 : n’hésitez pas à consulter les actualités du site FloodCare qui décrivent et illustrent le déroulement des évènements.

L’efficacité FloodML : zoom sur Marmande

Voyons comment procède l’algorithme FloodML à partir d’une image radar Sentinel-1 acquise le 19 février 2026 à 17h46. Notons qu’il peut également travailler à partir d’une image optique mais l’importante couche nuageuse durant cette période n’ayant permis que très peu d’images optiques, ce sont surtout des images radar qui ont été utilisées (car insensibles aux nuages et à la pluie).

FloodML radar

▲ Le radar envoie une onde électromagnétique (chirp) vers la surface et mesure la rétrodiffusion de l’onde, c’est-à-dire la quantité de rayonnement réfléchie du sol vers le capteur : le blanc correspond aux surfaces en eau et le noir au reste du sol.

FloodML OCS

▲ Superposant ce masque avec la carte d’occupation du sol de l’ESA WorldCover, FloodML fait ressortir les forêts et zones bâties, inondées ou non ou bien probablement inondées.

FloodML contour inondation

▲ Extraction du contour de l’inondation calculé par FloodML à partir de l’image radar.

FloodML loc

▲ Application du contour de l’inondation sur un fond de carte OpenStreetMap pour faciliter la localisation géographique.

🚨 À tous les territoires qui voudraient se doter d’un outil similaire : l’algorithme FloodML est en open source sur le github du CNES. N’hésitez pas à contacter l’équipe projet qui l’a développé. 

À venir

Avec de si bons résultats, l’aventure est loin de s’arrêter !

  • À terme, FloodCare proposera des cartes de détection d’embâcles.

  • De son côté, FloodML sera bientôt disponible comme service à la demande de GEODES, le portail national d’accès aux données et produits satellitaires. 

  • Le CNES prévoit également d’intégrer FloodML à sa Digital Twin Factory pour créer un jumeau numérique hydrologique appliqué aux inondations.