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MEO Climate, lancement officiel dans le Gers

Publié le 20/11/2020
Porté par la start-up toulousaine MEOSS, MEO Climate compte aux tout premiers projets labellisés SCO en mars 2020. Objectif : mettre en œuvre une plateforme cartographique délivrant aux collectivités territoriales des indicateurs spatio-temporels locaux, à jour et validés. Expérimenté dans le Gers, l’outil permettra un pilotage de proximité des actions entreprises en termes d’énergies renouvelables, de gestion des réserves d’eau et de pratiques agricoles. Rencontre avec Thomas Ferrero, fondateur de MEOSS, et Hervé Lefebvre, président du Syndicat mixte du SCoT de Gascogne.

Un projet local qui répond aux exigences nationales

Depuis 2019, les collectivités locales de plus 20 000 habitants sont légalement tenues de mettre en place des PCAET, Plan climat-air-énergie territorial. De fait, les acteurs concernés ont éminemment besoin d’outils de diagnostics et de suivi des actions entreprises. Or, « Dans l’ADN de MEOSS, les thématiques principales tournent autour des questions d’environnement, de climatologie et de changement climatique » entame Thomas Ferrero. Puis de relater sa découverte du SCO : « Déjà en lien avec le service Connect by CNES pour m’aider à créer la start-up, le CNES m’a contacté pour me présenter le SCO. J’ai alors déposé 4 dossiers au premier appel à projets français, parmi lesquels MEO Climate a été retenu et labellisé SCO en mars 2020 ».

Sept mois plus tard, le projet est lancé sur le grand Gers en partenariat avec le Syndicat mixte du SCoT de Gascogne. Son président, Hervé Lefebvre, rappelle que « Le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) est un document de caractère stratégique et un outil de planification pivot entre l’échelle régionale et l’échelle locale. En parallèle, les 3 PETR (Pôles d’équilibre territorial et rural) d’Auch, d’Armagnac et de Portes de Gascogne portent des démarches liées aux PCAET. Pour être compatibles et s’articuler, ces dernières nécessitent un suivi permettant d’évaluer l’efficacité des choix retenus et ainsi les adapter et les rendre plus efficients. Dans ce contexte, il nous est apparu nécessaire de développer de nouveaux outils recourant à l’imagerie spatiale pour explorer au mieux les questions liées au changement climatique. »

Signature MEO Climate © MEOSS

Lundi 16 novembre 2020, Thomas Ferrero et Hervé Lefebvre, respectivement présidents de la société MEOSS et du SCoT de Gascogne, ont officiellement lancé le projet MEO Climate. © MEOSS

MEO Climate, un outil opérationnel sur 3 thématiques

Fort de son étude sur "L’apport de l’imagerie satellite dans les PCAET", MEO Climate cible trois grands besoins : les énergies renouvelables, l’eau et les pratiques agricoles.

  • L’énergie photovoltaïque

Les collectivités devant se fixer des objectifs en terme d’implantation et de production d’énergies, MEO Climate fournira au SCoT de Gascogne un outil capable de cartographier l’existant (détection de fermes solaires et de panneaux solaires où qu’ils soient posés) puis de déterminer les endroits les plus aptes à accueillir du photovoltaïque (ensoleillement, proximité de poteaux électriques, terres agricoles inutilisées…).

MEO Climate green energy © MEOSS

Cartographie du potentiel d’accueil photovoltaïque © MEOSS

  • Le suivi des réserves en eau pour l’agriculture

Grâce à des cartographies d’occupation du sol et des modélisations 3D, MEO Climate permettra de poser un diagnostic sur l’évolution des réserves et des pratiques d’utilisation de l’eau agricole.

  • Les évolutions des pratiques agricoles

Sachant qu’un sol nu entre deux cultures favorise l’érosion des sols et qu’un couvert végétal, même minime, apporte un stockage de carbone, MEO Climate va solliciter l’imagerie répétitive des satellites Sentinel (programme Copernicus) pour détecter notamment les haies et les bandes enherbées.

La plus-value spatiale

Face aux problématiques qu’il côtoie chaque jour, le Président du SCoT de Gascogne émet un avis éclairé sur l’apport du spatial aux besoins des territoires : « Les images satellites permettent une homogénéité des données ainsi que leur spatialisation territoriale. Récentes et récurrentes (à minima une image mensuelle du territoire), ces données permettent de monitorer un territoire dans le temps mais aussi de compléter et de croiser les données plus "classiques" mais souvent incomplètes. Combinée aux données locales issues des systèmes d’informations géographiques, l'imagerie satellitaire peut être exploitée pour extraire des informations à forte valeur ajoutée afin de répondre aux problématiques territoriales, notamment en matière d'aménagement du territoire et de l'environnement ».

De l’expérimentation à l’opérationnalisation

Comme l’explique Thomas Ferrero, «  nous allons travailler en forte cohérence avec les territoires, de manière opérationnelle, en commençant par monter un comité de pilotage. Celui-ci se composera du SCoT bien sûr, d’élus, de directeurs de PETR et responsables PCAET, auxquels nous allons associer des partenaires locaux comme la chambre d’agriculture et le syndicat électrification, qui possède l’expertise sur les énergies renouvelables. Des acteurs départementaux pourront également avoir un intérêt à participer ou être informés ».

Le projet prévoit un an de mise en place des outils, avec le soutien du SCO, puis un an supplémentaire pour accompagner les utilisateurs qui posséderont, à terme, deux années complètes d’analyses. « Si les collectivités ont besoin d’outils opérationnels, elles ont également besoin d’outils de communication, par exemple pour sensibiliser le monde agricole à sa nécessaire transformation. Nous avons donc conçu nos outils pour délivrer des rendus simples, non seulement pour qu’ils soient facilement pris en main par les collectivités utilisatrices, mais aussi pour qu’ils soient exportables vers leurs administrés » résume le directeur de MEOSS.

L’accompagnement SCO

Avoir l’idée d’un outil est une chose, le développer et l’expérimenter en sont d’autres. Thomas Ferrero ne s’y trompe pas : « En plus du soutien financier, particulièrement important pour une petite structure comme la nôtre, le Lab’OT du CNES nous accompagne pour valider nos travaux techniques. Être labellisé SCO, en l’occurrence représenté par le CNES, est un gage de fiabilité pour les élus et acteurs techniques d’un tel projet. »

Un discours soutenu par Hervé Lefebvre : « Mettre en valeur le dynamisme de nos territoires et l’innovation dont ils sont capables est important pour montrer leur attrait, leur vitalité et mieux se faire connaitre. En apportant une validation scientifique du CNES à l’expérimentation mais aussi un coup de projecteur sur notre territoire gersois, la labellisation SCO a conforté le choix des élus de s’inscrire dans ce projet ».

Lorsque l’outil sera finalisé, Thomas Ferrero place sa confiance en le SCO pour lui donner accès à des institutions de plus haut niveau comme les ministères, d’où émanent les stratégies de cohérence territoriale, mais aussi à d’autres pays qui affrontent les mêmes problématiques.

Les partenaires

  • Née en 2018, la start-up MEOSS (Maps Earth Observation Satellite Services) est spécialisée dans la création de services à partir d’imagerie satellite et données cartographiques. Elle propose ainsi des outils d’aide à la décision opérationnels pour le pilotage et la mise en valeur des territoires, avec une spécialisation sur les enjeux climatiques.
  • Créé en 2015, le Syndicat mixte du SCoT de Gascogne réunit la communauté d’agglomération Grand Auch Cœur de Gascogne et 12 communautés de communes du département du Gers, soit 397 communes. Il a pour mission de mettre en œuvre sur son territoire le SCoT, Schéma de Cohérence Territoriale, un document cadre intercommunautaire qui articule et met en cohérence l’ensemble des politiques publiques (habitat, déplacements, environnement, développement économique…).
Gers © Getty Images