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Un One Planet Summit pour la Biodiversité

Publié le 18/01/2021
Relancer la diplomatie verte, tel était l’objectif de la France en organisant à l’Élysée lundi 11 janvier 2021 le 4ème One Planet Summit, en concertation avec les Nations unies et la Banque mondiale. Suivi en présentiel ou en virtuel par les représentants de très nombreux pays et organismes internationaux, le SCO en était.

Rappel : que sont les OPS ?

Proposés fin 2017, en même temps que la création de l’observatoire spatial du climat, les One Planet Summit sont en quelque sorte la colonne vertébrale du SCO. Initiés par la France, en partenariat avec la Banque mondiale et le secrétariat des Nations Unies, les OPS constituent en effet des points d’étapes sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris pour renforcer l’engagement international dans l’Agenda 2030.

Un sommet sous le signe de la biodiversité

Entre le rapport de 2019 de l’IPBES* pointant un déclin massif de la biodiversité et, quelques mois plus tard, l’émergence de la COVID 19, 2021 se confirme comme l’année de la biodiversité, ce que le SCO intègre en axant son appel à projets 2021 sur ce thème. Si le choix des projets retenus sera annoncé en février, le SCO peut déjà témoigner de quelques avancées concrètes, présentées à l’OPS via une courte vidéo.

Invité à la table ronde sur la déforestation, Pascal Canfin, Président de la commission environnement du Parlement européen, confirme l’intérêt d’une démarche comme celle du SCO : « Il faut changer les règles du jeu et adopter une loi à l’échelle du continent européen qui, progressivement, va restreindre l’accès au marché des matières premières incapables de garantir qu’elles ne contribuent pas à la déforestation. Nous avons maintenant tous les outils satellites et GPS capables de tracer [précisément] ce qui est produit et ce que nous importons. Nous allons les mettre en œuvre pour tracer la déforestation. »

* Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services / Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. L’IPBES est à la biodiversité ce que le GIEC est au climat.

Les faits marquants du sommet

Outre la décision de consacrer une part plus importante des financements climat en faveur de la biodiversité, ces échanges ont permis de faire le point sur plusieurs initiatives :

  • La Coalition de haute ambition pour la Nature, portée par le Costa Rica, la France et le Royaume-Uni. Elle compte à présent plus de 50 États, engagés pour protéger au moins 30 % des terres et des océans.
  • 6 pays lancent une nouvelle coalition pour protéger la Méditerranée, hautement polluée et victime de surpêche.
  • La "grande muraille verte" devrait bénéficier d’une accélération notable pour lutter contre la désertification dans 11 pays africains.
  • Le programme international One Health se structure en s’appuyant sur l’initiative Prezode pour prévenir de nouvelles épidémies

Conclusion et suite

« 2020 était une alerte grandeur nature. Aujourd’hui nous avons décidé un agenda de progrès » a conclu le président Emmanuel Macron, satisfait d’avoir réconcilié les agendas internationaux du climat, de la biodiversité et de la sécurité alimentaire.

La prochaine grande étape se déroulera à Kunming (Chine), avec la 15ème réunion de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique. À cet égard, Qu Dongyu, directeur général de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations / Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) rappelle en séance que « La pandémie a montré le lien entre environnement, santé humaine et santé animale. […] Nous devons faire plus car nous n’avons qu’une seule santé. La FAO appuie la création d’un conseil d’experts, One Health, portant justement sur cette interconnexion. »

D’autres grands RDV sont attendus en 2021, consultez l’agenda du SCO !

Extraits choisis

« Nous avons besoin de la nature pour notre santé physique et mentale. » Urusula van der Leyen, présidente de la Commission Européenne

« Changement climatique et biodiversité sont inextricablement liés. Nous avons tous la responsabilité de protéger la nature. » Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Aujourd’hui, « 96% des mammifères de notre planète sont des êtres humains et du bétail, 70% des oiseaux sont des poulets. […] Il faut rendre à l’état sauvage des parties entières de notre planète et donner une véritable signification à nos objectifs. » Boris Johnson, premier ministre du Royaume Uni

« La pandémie a montré que la communauté internationale peut mobiliser des ressources mondiales lorsque c’est nécessaire. Il y aura une crise de la biodiversité : soyons à la hauteur et incluons la biodiversité lorsque nous traitons du changement climatique. » Erna Solberg, premier ministre de Norvège

Photo OPS © Présidence de la République