L'observation spatiale pour le bassin du Mékong
Vendredi 13 février 2026, la Commission du Mékong (MRC Mekong River Commission) a réuni dans les locaux d’Expertise France, à Paris, une partie de son équipe opérationnelle et des experts français en observation de la Terre pour un atelier technique dédié au renforcement de la surveillance du fleuve Mékong. Objectif : partager des retours d’expérience concrets et identifier des solutions adaptées au bassin, en combinant mesures in situ et données satellitaires.
Un réseau structurant, des défis persistants
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Le MRC pilote un réseau de surveillance couvrant l’hydrologie, les sédiments, la qualité de l’eau, la pêche et la santé écologique. Environ 80 stations transmettent en quasi temps réel - toutes les 15 minutes - des données hydrométéorologiques, grâce notamment au soutien de l’Agence française de développement (AFD) depuis 15 ans. Essentiel pour la prévision des crues et la coordination régionale, ce dispositif fait néanmoins face à plusieurs contraintes : coûts de maintenance élevés, vulnérabilité des équipements, couverture spatiale inégale et complexité logistique à l’échelle de quatre pays (Laos, Thaïlande, Cambodge et Vietnam). Dans ce contexte, l’observation satellitaire apparaît comme un complément stratégique. Sans remplacer les stations au sol, elle permet d’améliorer la couverture spatiale, la cohérence des analyses et la compréhension des dynamiques hydrologiques à l’échelle du bassin. |
Bassin du Mékong et changement climatique Surnommé “Fleuve des neuf dragons” en raison de son estuaire à neuf branches, le Mékong est un colosse d’eau. Sur plus de 65 millions de personnes vivant dans le bassin du Bas-Mékong LMB (Laos, Thaïlande, Cambodge et Vietnam), environ 40 % vivent à moins de 15 km du fleuve, la plupart à moins de 5 km du courant dominant. Dans tout le LMB, les effets du changement climatique sont évidents. La hausse des températures et les changements dans l'intensité des précipitations, le débit des rivières, les inondations et les sécheressesdétruisent les maisons, les infrastructures, les cultures et les pêches. Ajouté à cela, les élévations prévues du niveau de la mer devraient augmenter la salinité et les inondations dans le delta du Mékong, endommageant les cultures de la zone la plus productive du bassin. [Source : mrcmekong.org] |
Quatre séquences pour structurer les échanges
Organisé sur la journée, l’atelier s’est articulé autour de quatre grands axes :
- un état des lieux des défis hydrologiques et sédimentaires présenté par la délégation de la MRC ;
- le rôle de l’imagerie spatiale en appui des mesures in situ ;
- les initiatives spatiales internationales applicables au bassin du Mékong ;
- des retours d’expérience industriels, notamment par HydroMatters (projets SCO d’hydrologie opérationnelle OpHySE, OpHySE -MoCha et CAHYSPA) et CLS (projet SCO de suivi et d’anticipation des submersions marines Littoscope).
SCOlutions possibles pour le bassin du Mékong
Avec trois interventions du SCO dont deux focus projets, cette séquence a mis en évidence le rôle structurant que peut jouer le SCO pour accompagner des projets concrets et reproductibles, adaptés aux enjeux hydrologiques du bassin du Mékong.
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Près de 25 experts se sont réunis à l’appel du MRC, en présentiel mais aussi en distanciel.
Visuels © SCO/CNES


